Où en est le marché immobilier ? Quelles sont les tendances pour l'immobilier en 2012 ?
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Environ 360 150 logements américains ont été saisis en juillet 2009, ce qui constitue une hausse de 7% par rapport aux saisies immobilières de juin 2009, où des sommets avaient déjà été atteints. L’immobilier aux États-Unis est donc loin d’être sorti de la crise immobilière. La hausse des saisies immobilières se chiffre à +32% en comparaison annuelle.
Ainsi, sur tous les ménages qui auraient contracté un prêt immobilier pour acheter une maison, 1 sur 355 ferait aujourd’hui l’objet d’une procédure de saisie immobilière. Les États les plus touchés aux USA sont la Floride, la Californie, le Nevada et l’Arizona.

Le marché immobilier est complètement sinistré aux États-Unis, il y a tellement de biens immobiliers en vente à prix bradés que les ventes de logements neufs se sont fortement effondrées.
Ce graphique est issu des données de Robert J. Shiller, auteur de l’excellent livre L'Exubérance irrationnelle.
Il montre que la majeure partie de la bulle immobilière américaine s’est dégonflée mais que l’ampleur de la crise laisse à penser que cette baisse des prix immobilier est loin d’être finie.
Si l’on compare les courbes de Friggit pour les États-Unis et celles pour la France, on constate que les prix des maisons et des appartements aux USA sont moins décorrelés des revenus qu’en France et qu’il subsiste un décalage dans le temps entre l’explosion des bulles immobilières aux États-Unis ou en Angleterre et le dégonflement de la bulle immobilière en France. Cela laisse présager de ce qui attend le marché immobilier en France dans les mois et années à venir...
Pour ce qui ne le connaisse pas, Paul Jorion est un anthropologue spécialiste de la formation des prix. Il annonçait dès 2005 ce qui allait se passer avec la crise des subprimes : La crise : Des subprimes au séisme financier planétaire
Paul Jorion explique pourquoi l’immobilier américain va continuer à chuter jusqu’en 2012 dans une interview donnée à la RTBF (radio belge). Il en donne les raisons et évalue le nombre de negative equity à venir aux États-Unis, extrait :
AR : Mais donc on a l’impression que vous êtes très, très pessimiste sur la suite, que vous ne lisez pas, en tout cas dans les réactions boursières du moment, l’issue positive de cette crise à court terme. Pour vous elle pourrait durer combien de temps cette crise, Paul Jorion ? C’est difficile à dire, mais un ordre de grandeur ?
Mais les catastrophes les plus sérieuses encore à venir se situent dans l’horizon à peu près 2011-2012. Par exemple, dans l’immobilier américain, on sera au plus bas. C’est-à-dire que les choses sont au plus mauvais en 2012. Comment est-ce qu’on sait ça ? Et bien ça ce ne sont pas des prévisions, c’est simplement qu’il faut regarder quand les gens doivent se refinancer ça c’est facile, c’est écrit dans leurs contrats, donc ce n’est pas de la spéculation intellectuelle. On peut voir quand les choses doivent être refinancées et la plus grosse vague, l’addition des problèmes, se situe en 2012, en particulier dans l’immobilier commercial.
AR : Ça veut dire quoi ? Qu’il n’y a des gens -plus seulement des plus pauvres- mais de la classe moyenne qui à ce moment-là risquent de devoir se séparer de leur maison parce qu’ils n’arrivent plus à la payer par exemple ?
Mais par exemple, on nous dit qu’il y a des bonnes nouvelles, mais par exemple, hier, il y avait une très, très mauvaise nouvelle, justement pour l’immobilier américain, qui montrait que la chute s’accélère, la chute ne décélère pas, elle s’accélère et alors on peut faire des calculs très simples et on voit qu’aux États-Unis il y a déjà un quart des gens qui ont emprunté de l’argent pour leur maison, il y a déjà un quart de ces gens qui ont une maison qui vaut moins cher que l’argent qu’ils doivent. Alors ce chiffre… l’année prochaine il va monter à 33%, un tiers des gens et on peut déjà voir qu’en 2012, ce sera la moitié : 48% des gens qui auront une maison qui vaudra moins que l’argent qu’ils doivent à la banque.
Cela signifie, d’après Paul Jorion, que près d’un américain sur huit sera en situation de negative equity en 2012, l’immobilier américain n’est pas près de s’en relever !
Pour aller plus loin :
Comparez l’évolution des prix aux États-Unis par rapport à la France.
Retrouvez les derniers graphiques sur la bulle immobilière française.
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