L’État, et plus précisément les collectivités locales, commence à ressentir les effets du blocage du marché immobilier sur la chute des droits de mutation. En effet, cette taxe est perçue lors de toute transaction immobilière et lorsque le nombre de transaction immobilière chute, les recettes de cette taxe chutent également. Les budgets des collectivités locales sont déjà sérieusement touchés et devront trouver d’autres moyens de financement (augmentation des impôts locaux, etc.).
De plus, il faudra s’attendre à une chute des recettes de l’ISF. En effet, l’immobilier compte pour beaucoup dans le patrimoine des français et la chute des prix immobilier va engendrer une baisse de valeur du patrimoine des ménages imposables et, par conséquent, une baisse de l’impôt sur la fortune.
Les recettes fiscales liés directement ou indirectement à l’immobilier ont donc déjà diminué en 2008 et diminueront sérieusement dès 2009.
L’immobilier et le BTP représente l’un des secteurs les plus pourvoyeurs d’emplois en France. La chute des ventes de logement neuf entraîne et va entraîner de nombreuses suppressions d’emploi dans le BTP. Les fermetures de nombreuses agences immobilières détruisent également de nombreux emplois. Toutes les entreprises de l’immobilier et du BTP sont touchées et doivent diminuer leurs effectifs, le nombre de chômeur n’a donc pas fini d’augmenter...
L’État français possède également de nombreux terrains et biens immobilier. Le patrimoine immobilier de l’État va donc valoir beaucoup moins que ce qu’il a pu valoir en haut de cette bulle immobilière.
Dès 2004-2005, les prix immobilier étaient déjà montés trop haut comme le montre les analyses de Jacques Friggit. Le marché immobilier aurait pu se réguler par lui-même. En effet, la baisse de la solvabilité des ménages aurait mécaniquement stoppé la hausse des prix.
Seulement, l’appât du gain a été trop forte et la hausse des prix immobilier a été entretenue par différents artifices qui ne pouvaient durer qu’un temps : explosion de la défiscalisation en De Robien, nouveau crédit d’impôt, allongement de la durée des prêts immobilier à 30 ans ou plus, etc.
Ceci a tiré un marché immobilier français déjà au bord de la rupture, et nous amène à la situation actuelle, la crise financière n’ayant fait qu’accélérer le retournement du marché immobilier. La chute s’annonce aussi brutale que la hausse et il va falloir assumer et s’attendre à une terrible année 2009 pour l’immobilier.