Loueur en meublé professionnel (LMP) : conditions, fiscalité et avantages en 2026

Auteur : David LELONG, passionné d'immobilier et d'éducation financière, fondateur d'Immobilier-danger.com | Date de modification : 7 septembre 2026

Le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) concerne les investisseurs dont les recettes issues de la location meublée dépassent certains seuils. Plus contraignant que le LMNP, il peut aussi offrir des avantages fiscaux importants, notamment en matière de déficits, d’amortissement ou, sous conditions, de plus-values professionnelles.

Mais le passage en LMP entraîne également des conséquences à bien anticiper : cotisations sociales, obligations comptables plus lourdes et fiscalité spécifique lors de la revente.

Alors, quelles sont les conditions pour devenir LMP en 2026 ? Quelle différence avec le LMNP ? Comment sont imposés les loyers et les déficits ? Et dans quels cas ce statut est-il réellement intéressant ?

Découvrez dans ce guide complet le fonctionnement du LMP, ses avantages, ses inconvénients et les principaux points de vigilance avant d’investir en location meublée professionnelle.

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Sommaire de cette page

📌 LMP : ce qu’il faut retenir

  • Il faut cumuler plus de 23 000 € de recettes et des recettes supérieures aux autres revenus d’activité du foyer.
  • Les revenus sont imposés en BIC, au micro-BIC ou au réel selon la situation.
  • Les déficits LMP peuvent être imputés sur le revenu global sous les conditions applicables.
  • À la revente, le LMP relève du régime des plus-values professionnelles, avec une exonération possible sous conditions.

Qu’est-ce que le statut de loueur en meublé professionnel ?

Définition du LMP

Le loueur en meublé professionnel (LMP) est un propriétaire qui exerce une activité de location meublée considérée comme professionnelle au sens fiscal.

Les loyers sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et le statut LMP s’apprécie au niveau de l’ensemble du foyer fiscal, selon le montant des recettes locatives et des autres revenus d’activité.

Le LMP est-il un statut juridique ou fiscal ?

Le LMP (loueur en meublé professionnel) correspond avant tout à une qualification fiscale de l’activité, et non à une forme juridique. Il désigne la manière dont l’activité de location meublée est qualifiée fiscalement lorsque certaines conditions sont remplies.

Il ne faut donc pas confondre le statut LMP avec une structure juridique comme une SARL ou une SAS. Un propriétaire peut exercer son activité de location meublée en nom propre tout en étant considéré comme LMP au regard de l’administration fiscale.

Quels types de logements peuvent être loués en LMP ?

Le statut LMP peut concerner différents types de biens : appartement, maison, logement en résidence services ou location meublée de courte durée, sous réserve de respecter les règles propres à chaque type de location.

Dans tous les cas, le logement doit être suffisamment meublé et équipé pour permettre au locataire d’y vivre normalement. La réglementation impose notamment un équipement minimal en literie, électroménager, vaisselle et mobilier.

👉 Retrouvez la liste complète des meubles et équipements obligatoires en location meublée.

Les loueurs en meublé professionnels ont pour activité principale l'investissement dans des biens locatifs loués en meublé

Quelles sont les conditions pour être LMP en 2026 ?

Première condition : percevoir plus de 23 000 € de recettes annuelles

Pour être considéré comme loueur en meublé professionnel (LMP), les recettes annuelles tirées de la location meublée doivent tout d’abord dépasser 23 000 €. Il faut donc percevoir plus de 23 000 € et non simplement atteindre ce montant. Cette condition doit être cumulée avec celle relative aux autres revenus d’activité du foyer fiscal.

Quelles recettes sont prises en compte ?

Pour apprécier le seuil de 23 000 €, l’administration retient les recettes de location meublée toutes taxes comprises, correspondant aux loyers acquis et, le cas échéant, aux charges facturées au locataire.

Les éventuelles indemnités d’assurance destinées à garantir les loyers sont également prises en compte. En revanche, les recettes qui ne sont pas directement liées à la location, comme certains produits financiers ou les subventions reçues pour financer l’acquisition du logement, sont exclues du calcul.

⚠️ Attention : il s’agit des recettes et non du bénéfice. Les charges, intérêts d’emprunt, frais de gestion ou amortissements ne sont donc pas déduits pour déterminer si le seuil de 23 000 € est dépassé.

Exemple : vous percevez 28 000 € de loyers et supportez 12 000 € de charges. Pour apprécier votre statut LMP ou LMNP, les recettes retenues sont de 28 000 €, et non le résultat de 16 000 € après déduction des charges.

Le seuil s’apprécie pour l’ensemble du foyer fiscal

Le seuil de 23 000 € ne s’applique ni par personne, ni par logement. Il faut additionner les recettes de toutes les locations meublées réalisées par les membres d’un même foyer fiscal.

Par exemple, un couple perçoit :

  • 12 000 € pour un premier appartement meublé ;
  • 8 000 € pour un second ;
  • 6 000 € pour un troisième.

Les recettes de location meublée du foyer atteignent 26 000 €. La première condition permettant d’être considéré comme LMP est donc remplie.

Pour un contribuable fiscalement domicilié en France, l’administration précise également que l’ensemble des loyers concernés est pris en compte quel que soit le lieu où se situent les biens loués meublés.

Le seuil de 23 000 € s’apprécie sur l’année civile

Les recettes sont calculées sur l’année civile, du 1er janvier au 31 décembre, même lorsque l’exercice comptable du loueur est clôturé à une autre date.

Ainsi, si les recettes de location meublée atteignent 24 500 € sur l’année, la condition des 23 000 € est remplie.

Mais cela ne signifie pas automatiquement que le propriétaire devient LMP : une seconde condition doit également être respectée. Les recettes de location meublée doivent être supérieures aux autres revenus d’activité du foyer fiscal.

Deuxième condition : les recettes locatives doivent dépasser les autres revenus d’activité du foyer

Les deux conditions sont cumulatives. Ainsi, un propriétaire qui perçoit plus de 23 000 € de loyers meublés peut parfaitement conserver le statut LMNP si ses autres revenus d’activité restent supérieurs.

Quels revenus faut-il comparer aux recettes de location meublée ?

Pour déterminer si cette seconde condition est remplie, il faut comparer les recettes annuelles de location meublée de l’ensemble du foyer fiscal avec le total des revenus relevant des catégories suivantes :

  • Traitements et salaires, y compris notamment les pensions et rentes viagères
  • Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) autres que ceux provenant de la location meublée
  • Bénéfices non commerciaux (BNC), par exemple pour certaines professions libérales
  • Bénéfices agricoles (BA)
  • Revenus de certains gérants et associés, notamment ceux relevant de l’article 62 du Code général des impôts

En revanche, certains revenus du patrimoine ne sont pas pris en compte dans cette comparaison. C’est notamment le cas des revenus fonciers ou des revenus de capitaux mobiliers.

Attention : on compare les recettes locatives à des revenus nets

C’est une particularité importante du calcul.

Du côté de la location meublée, ce sont les recettes, avant déduction des charges, qui sont prises en compte. En revanche, pour les autres revenus d’activité, l’administration retient le revenu net de chaque catégorie après déduction des charges ou des abattements applicables.

Exemple : un couple perçoit 35 000 € de recettes de location meublée et l’un des conjoints dispose d’un salaire imposable net de 28 000 €, sans autre revenu d’activité.

Les recettes de location meublée sont à la fois supérieures à 23 000 € et aux 28 000 € d’autres revenus pris en compte : les deux conditions du LMP sont donc remplies.

À l’inverse, avec 35 000 € de recettes locatives et 45 000 € de salaires imposables pris en compte pour cette comparaison, le foyer reste LMNP.

Quels revenus ne sont pas pris en compte ?

Tous les revenus du foyer fiscal ne sont donc pas additionnés pour déterminer si les recettes de location meublée sont prépondérantes.

Ne sont notamment pas retenus dans cette comparaison :

  • Les revenus fonciers issus d’une location nue
  • Les revenus de capitaux mobiliers, comme certains dividendes ou intérêts
  • Les revenus provenant de la location meublée eux-mêmes

Exemple : un foyer perçoit 32 000 € de recettes de location meublée, 20 000 € de salaires et 25 000 € de revenus fonciers provenant de logements loués nus.

Les 25 000 € de revenus fonciers ne sont pas pris en compte pour déterminer si l’activité de location meublée est professionnelle. La comparaison porte donc ici sur 32 000 € de recettes de location meublée contre 20 000 € d’autres revenus d’activité retenus.

Sous réserve que les autres conditions soient respectées, le foyer relève donc du statut LMP.

La comparaison s’effectue au niveau du foyer fiscal

Comme pour le seuil de 23 000 €, cette seconde condition ne s’apprécie pas individuellement pour chaque propriétaire ou chaque logement. Il faut prendre en compte l’ensemble des recettes de location meublée et des revenus d’activité des membres du foyer fiscal.

Cela peut avoir une conséquence importante pour un couple.

Exemple : avec 40 000 € de recettes meublées et 55 000 € d’autres revenus d’activité pour l’ensemble du couple, la seconde condition n’est pas remplie : le foyer reste LMNP.

Peut-on passer automatiquement de LMNP à LMP ?

Oui. Le statut LMP ne dépend plus d’une inscription volontaire au registre du commerce et des sociétés. Il découle du respect des deux conditions fiscales.

Un propriétaire peut donc passer de LMNP à LMP en raison d’une augmentation de ses loyers, mais également à la suite d’une baisse de ses autres revenus d’activité.

Par exemple, un départ à la retraite, une cessation d’activité ou une forte diminution des revenus professionnels peut modifier la comparaison entre les recettes locatives et les autres revenus du foyer.

Il est donc important de vérifier chaque année si les deux conditions du LMP sont remplies, car un changement de statut peut avoir des conséquences fiscales et sociales importantes.

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🌍 Cas particulier : LMP et non-résidents

Depuis 2026, pour déterminer si un non-résident relève du statut LMP, la comparaison tient également compte de ses revenus d’activité de source étrangère soumis à un impôt équivalent à l’impôt sur le revenu dans son pays de résidence.

Cette règle évite notamment qu’un non-résident soit considéré comme LMP uniquement parce que ses revenus professionnels étrangers n’étaient pas pris en compte.

LMP ou LMNP : quel statut pour votre location meublée ?

Critère LMP LMNP
Recettes > 23 000 € Oui Pas nécessairement
Recettes supérieures aux autres revenus d’activité Oui Non
Imposition BIC BIC
Régime réel Oui Oui
Amortissement Oui Oui
Déficits Régime spécifique LMP Régime LMNP
Plus-value à la vente Professionnelle Immobilière des particuliers
Cotisations sociales Spécifiques au LMP Régime différent
Complexité Plus élevée Plus simple dans de nombreux cas

Quels sont les avantages et inconvénients du LMP par rapport au LMNP ?

Le statut LMP offre certains avantages fiscaux supplémentaires par rapport au LMNP. Il permet notamment, sous conditions, d’imputer les déficits de l’activité sur le revenu global, de bénéficier d’une exonération de plus-value professionnelle dans certains cas et éventuellement d’une exonération d’IFI pour les biens considérés comme professionnels.

En contrepartie, le LMP implique généralement des cotisations sociales plus importantes, davantage d’obligations comptables et déclaratives et une fiscalité spécifique lors de la revente. Le passage de LMNP à LMP peut également intervenir automatiquement lorsque les conditions fiscales sont remplies.

👉 Retrouvez notre comparaison complète « LMP ou LMNP : différences, avantages et quel statut choisir ? ».

Quelle fiscalité pour un loueur en meublé professionnel ?

Comme en LMNP, les revenus d’une location meublée professionnelle sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).

Selon le montant et la nature de ses recettes, et éventuellement l’option exercée, le loueur relève du micro-BIC ou du régime réel.

Micro-BIC ou régime réel en LMP ?

Au micro-BIC, l’administration applique un abattement forfaitaire sur les recettes : les charges réelles ne sont donc pas déduites.

Au régime réel, le propriétaire peut déduire de nombreuses dépenses liées à son activité : intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurances, frais de gestion, certains travaux, frais de comptabilité, etc. Il peut également pratiquer des amortissements sur le logement, le mobilier et certains frais.

Ces mécanismes étant largement communs au LMNP et au LMP, retrouvez nos explications détaillées dans nos guides :

Quelles particularités fiscales pour le LMP ?

C’est surtout dans le traitement des déficits et lors de la revente du logement que les différences avec le LMNP deviennent importantes.

En LMP, certains déficits peuvent notamment être imputés sur le revenu global du foyer fiscal, tandis que la vente du bien relève du régime des plus-values professionnelles.

Ces deux particularités importantes du statut LMP sont détaillées dans les sections suivantes.

Comment fonctionne le déficit en LMP ?

Le traitement des déficits constitue l’un des principaux avantages fiscaux du statut LMP.

Contrairement au LMNP, le déficit provenant d’une activité de location meublée exercée à titre professionnel peut être imputé sur le revenu global du foyer fiscal, sans limitation de montant.

Un déficit peut notamment apparaître lorsque les charges déductibles de l’activité (intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurances, frais de gestion, travaux déductibles, etc.) sont supérieures aux recettes locatives.

Son imputation sur le revenu global permet alors de réduire le revenu imposable du foyer et, par conséquent, son impôt sur le revenu.

Lorsque le revenu global de l’année n’est pas suffisamment élevé pour absorber la totalité du déficit LMP, la fraction restante n’est pas perdue : elle peut être reportée sur le revenu global des 6 années suivantes.

Attention toutefois au traitement des amortissements. Comme pour le LMNP, les amortissements du logement et du mobilier sont soumis à une limitation : ils ne peuvent pas créer ou aggraver un déficit fiscal.

Autrement dit, un déficit LMP imputable sur le revenu global ne peut pas être généré artificiellement grâce aux amortissements.

Les amortissements qui n’ont pas pu être déduits en raison de cette limitation peuvent être reportés selon les règles applicables.

🔎 Exemple : un loueur en meublé professionnel perçoit 35 000 € de recettes et supporte 45 000 € de charges déductibles hors amortissements.

Son activité génère donc un déficit fiscal de 10 000 €.

Si son foyer dispose par ailleurs de 50 000 € de revenus imposables, ce déficit peut, sous réserve du respect des conditions applicables, être imputé sur son revenu global.

Celui-ci est alors ramené à 40 000 € avant prise en compte des autres éléments de calcul de l’impôt.

Cette possibilité constitue une différence majeure entre LMP et LMNP.

En LMNP, les déficits ne peuvent pas être imputés sur les salaires ou les autres revenus du foyer : ils sont uniquement reportables sur les bénéfices provenant de locations meublées non professionnelles des 10 années suivantes.

Quelles cotisations sociales pour un LMP ?

Le statut de loueur en meublé professionnel entraîne en principe l’affiliation au régime social des travailleurs indépendants et le paiement de cotisations sociales.

Ces cotisations servent notamment à financer la maladie-maternité, la retraite de base et complémentaire, l’invalidité-décès, les allocations familiales, ainsi que la CSG-CRDS.

Leur montant dépend notamment du revenu tiré de l’activité et de la situation du loueur. Il ne faut donc pas appliquer un pourcentage unique aux loyers encaissés pour estimer leur coût.

💡 Bon à savoir :

les règles de calcul, assiettes et taux de cotisations peuvent évoluer.

Pour connaître les barèmes actuellement applicables, consultez directement les informations et taux de cotisations des travailleurs indépendants publiés par l’Urssaf.

👉 Consulter les taux et barèmes officiels de l’Urssaf

Cette protection sociale constitue une différence importante avec le LMNP, pour lequel les revenus sont généralement soumis aux prélèvements sociaux plutôt qu’aux cotisations sociales, sous réserve de certaines situations particulières, notamment en location meublée de courte durée.

⚠️ Attention : les critères fiscaux permettant de distinguer LMP et LMNP ne se confondent pas totalement avec les règles d’affiliation aux cotisations sociales, notamment pour certaines locations meublées de courte durée.

Quelle fiscalité lors de la revente d’un bien en LMP ?

La revente constitue une différence importante entre LMP et LMNP.

Si le propriétaire a le statut de loueur en meublé professionnel au moment de la cession, la vente relève du régime des plus-values professionnelles, et non de celui des plus-values immobilières des particuliers.

La plus-value est calculée à partir de la valeur nette comptable du bien, c’est-à-dire sa valeur d’origine diminuée notamment des amortissements comptabilisés.

Les amortissements pratiqués pendant la période de location peuvent donc avoir une incidence importante sur le montant de la plus-value lors de la revente.

Plus-value à court terme et à long terme

La plus-value professionnelle peut comporter une part à court terme et une part à long terme, auxquelles s’appliquent des règles fiscales différentes.

Pour un bien immobilier amortissable détenu depuis au moins deux ans, la fraction correspondant notamment aux amortissements relève en principe de la plus-value à court terme, tandis que le surplus peut relever de la plus-value à long terme.

Ce mécanisme explique pourquoi il est important d’anticiper la fiscalité de sortie dès l’acquisition d’un bien destiné à la location meublée professionnelle.

Une exonération de plus-value est possible sous conditions

Le LMP peut toutefois bénéficier du régime d’exonération des plus-values professionnelles prévu par l’article 151 septies du Code général des impôts.

Pour une activité de location meublée professionnelle exercée depuis au moins 5 ans, l’exonération peut être :

  • Totale lorsque la moyenne des recettes des deux années précédentes n’excède pas 90 000 € HT ;
  • Partielle lorsque ces recettes sont comprises entre 90 000 et 126 000 € HT.

Au-delà, la plus-value ne bénéficie plus de cette exonération. D’autres conditions doivent également être respectées.

📌 À retenir :

la fiscalité d’une revente en LMP peut être très différente de celle d’un LMNP.

Le poids des amortissements et la possibilité d’une exonération de plus-value doivent notamment être étudiés avant la vente.

👉 Retrouvez prochainement notre guide complet sur la plus-value en LMP : calcul, amortissements, fiscalité et exonérations.

Comment devenir loueur en meublé professionnel ?

Le statut LMP n’est pas un statut que vous choisissez : vous devenez automatiquement loueur en meublé professionnel dès lors que les deux conditions fiscales du LMP sont remplies.

L’activité de location meublée doit néanmoins être déclarée via le guichet unique des formalités des entreprises, ce qui permet notamment d’obtenir un numéro SIRET.

Vous devez également choisir votre régime d’imposition (micro-BIC ou réel) et respecter les obligations comptables et déclaratives correspondantes.

👍 Conseil :

En raison des conséquences fiscales et sociales du passage en LMP, notamment sur les déficits et la revente, l’accompagnement d’un expert-comptable spécialisé en location meublée peut être utile.

Consultez nos explications pour bien choisir son expert-comptable LMP ou LMNP.

👉 Retrouvez notre présentation d’agences spécialisées en investissement clé en main pour vous aider à investir dans des locations meublées rentables.

Exemple concret : un investissement en LMP pendant 10 ans

Prenons l’exemple d’un couple qui possède plusieurs logements meublés et remplit les deux conditions pour être considéré comme loueur en meublé professionnel.

Pour simplifier la simulation, supposons qu’il achète un nouvel appartement dans les conditions suivantes :

Donnée Montant
Prix du logement 250 000 €
Frais d’acquisition 19 000 €
Mobilier et équipements 10 000 €
Investissement total 279 000 €
Apport 50 000 €
Emprunt 229 000 €
Recettes locatives annuelles 36 000 €

L’investisseur opte pour le régime réel.

Première année : un déficit peut réduire les autres revenus du foyer

Supposons que la première année soit marquée par des dépenses importantes :

Recettes et charges Montant
Recettes locatives + 36 000 €
Intérêts d’emprunt – 8 000 €
Taxe foncière, assurances, gestion… – 7 000 €
Travaux immédiatement déductibles – 26 000 €
Résultat avant amortissements – 5 000 €

L’activité génère donc un déficit LMP de 5 000 €.

Si le foyer dispose par ailleurs de 40 000 € de revenus imposables, ce déficit peut, sous réserve du respect des règles fiscales applicables, être imputé sur son revenu global.

Son revenu imposable est ainsi ramené de : 40 000 € → 35 000 €

C’est l’une des principales particularités du LMP : contrairement au LMNP, le déficit professionnel peut être imputé sur les autres revenus du foyer sans limitation de montant.

Les amortissements ne peuvent cependant ni créer ni aggraver ce déficit. Ils sont donc mis en attente lorsqu’ils ne peuvent pas être utilisés.

Les années suivantes : les amortissements peuvent réduire fortement le bénéfice imposable

Supposons maintenant qu’une année normale génère :

36 000 € de loyers – 18 000 € de charges = 18 000 € de bénéfice avant amortissements.

Si 12 000 € d’amortissements sont déductibles cette année-là, le résultat imposable peut être ramené à : 18 000 – 12 000 = 6 000 €

L’investisseur dispose donc d’un résultat économique positif tout en limitant son bénéfice soumis à l’impôt grâce aux charges et aux amortissements.

📌 À retenir :

L’amortissement peut réduire le bénéfice imposable jusqu’à zéro, mais il ne peut pas générer un déficit fiscal supplémentaire. Les amortissements qui ne peuvent pas être utilisés sont reportés selon les règles applicables.

Et que se passe-t-il lors de la revente 10 ans plus tard ?

C’est ici que l’exemple devient particulièrement intéressant.

Imaginons que l’appartement acheté 250 000 € soit revendu 320 000 € dix ans plus tard.

À première vue, le propriétaire pourrait penser avoir réalisé une plus-value de : 320 000 – 250 000 = 70 000 €

Mais s’il est LMP au moment de la vente, ce n’est pas cette simple différence qui détermine sa fiscalité : la cession relève du régime des plus-values professionnelles.

Les amortissements comptabilisés pendant la période de détention interviennent notamment dans le calcul de la valeur nette comptable et peuvent donc augmenter sensiblement la plus-value professionnelle constatée. Le BOFiP donne lui-même un exemple dans lequel un bien acheté 350 000 €, revendu 450 000 € après onze ans et ayant fait l’objet de 77 000 € d’amortissements comptabilisés génère une plus-value professionnelle de 177 000 €, et non simplement 100 000 €.

Cela ne signifie pas nécessairement que toute cette plus-value sera effectivement imposée. Un LMP peut notamment bénéficier, sous conditions, d’une exonération totale ou partielle des plus-values professionnelles, en particulier lorsque l’activité est exercée depuis au moins 5 ans et que les recettes restent sous les seuils prévus par l’article 151 septies du CGI.

🕵️‍♂️ Et s’il était resté LMNP ?

Avec les mêmes chiffres, le traitement fiscal aurait été différent sur deux points importants.

La première année, le déficit de 5 000 € n’aurait pas pu être déduit des 40 000 € d’autres revenus du foyer. En LMNP, il aurait été reporté pendant 10 ans pour être imputé uniquement sur les futurs bénéfices provenant de locations meublées non professionnelles.

Pendant la détention, le fonctionnement des charges et des amortissements aurait été largement similaire : les amortissements auraient permis de réduire le bénéfice imposable sans pouvoir créer ou aggraver un déficit.

Lors de la revente à 320 000 €, en revanche, le propriétaire LMNP aurait relevé du régime des plus-values immobilières des particuliers. Depuis 2025, les amortissements déduits au régime réel sont toutefois réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable pour la plupart des logements LMNP.

Le LMNP conserve néanmoins le système d’abattements pour durée de détention, qui permet une exonération totale d’impôt sur la plus-value après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans.

En résumé : le LMP peut être plus favorable pour utiliser immédiatement un déficit, tandis que la fiscalité de la revente répond à des règles très différentes.

Le statut le plus avantageux dépend donc de l’ensemble de la stratégie d’investissement, et pas seulement de l’imposition annuelle des loyers.

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Questions fréquentes sur le LMP

Peut-on être LMP avec un seul logement ?

Oui. Le statut LMP ne dépend pas du nombre de biens détenus. Un propriétaire peut être LMP avec un seul logement meublé dès lors que les deux conditions relatives au montant des recettes sont remplies.

Faut-il créer une société pour être LMP ?

Non. Il est tout à fait possible d’exercer une activité de loueur en meublé professionnel en nom propre. Le LMP est une qualification fiscale de l’activité et non une forme juridique.

Peut-on passer de LMP à LMNP ?

Oui. La qualification est appréciée en fonction de la situation du foyer fiscal. Une baisse des recettes locatives ou une hausse des autres revenus d’activité peut donc entraîner un passage de LMP à LMNP, et inversement.

Peut-on être LMP et salarié en même temps ?

Oui. Être salarié n’empêche pas d’être LMP. Il faut toutefois que les recettes de location meublée remplissent les deux conditions nécessaires au statut professionnel, notamment celle de prépondérance par rapport aux autres revenus d’activité du foyer.

Un retraité peut-il être LMP ?

Oui. Le passage à la retraite peut même modifier la qualification de l’activité de location meublée, puisque les pensions de retraite font partie des revenus pris en compte dans la comparaison avec les recettes locatives.

Peut-on être LMP avec des logements situés dans plusieurs villes ?

Oui. Le seuil du LMP s’apprécie sur l’ensemble des locations meublées du foyer fiscal, et non logement par logement.

Plusieurs biens situés dans des villes différentes peuvent donc être pris en compte pour déterminer le statut du loueur.

L’essentiel à retenir sur le LMP

Le statut LMP peut offrir de réels avantages fiscaux, notamment grâce à l’imputation de certains déficits sur le revenu global et, sous conditions, à l’exonération des plus-values professionnelles. Mais ces avantages ne doivent pas faire oublier ses contreparties : cotisations sociales, obligations comptables et fiscalité spécifique lors de la revente.

Surtout, devenir LMP n’est pas nécessairement un choix : l’évolution de vos recettes locatives ou de vos autres revenus peut vous faire basculer automatiquement de LMNP à LMP. Il est donc important d’anticiper cette possibilité dès la construction de votre projet et d’en mesurer les conséquences sur plusieurs années, jusqu’à la revente du bien.

La rentabilité d’un investissement en location meublée dépend toutefois d’abord de la qualité du bien acheté, de son prix, de son financement et de son potentiel locatif. La fiscalité ne doit donc jamais être le seul critère de décision.

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👉 Vous êtes déjà LMP ou susceptible de le devenir ? Compte tenu des enjeux fiscaux, sociaux et comptables, l’accompagnement par un expert-comptable spécialisé en location meublée peut être particulièrement utile pour choisir le régime adapté, établir les déclarations et anticiper les conséquences d’une future revente.

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